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Création de site internet

La refonte de site internet

Une refonte est le seul projet web qui peut détruire quelque chose qui fonctionnait. Presque toutes les pertes de trafic après refonte viennent du même oubli, et il se prépare en amont.

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Par Aurélie Ducasteaux · mis à jour le 30 août 2026

Les six raisons qui justifient une refonte

Une refonte se décide sur un dysfonctionnement mesurable, pas sur une impression.

  1. Le site n'est pas modifiable. Personne dans l'entreprise ne peut changer un tarif, ajouter une page ou corriger une faute sans passer par un prestataire. C'est la première raison, et de loin la plus fréquente.
  2. Le site est inutilisable sur téléphone. Une part majoritaire des visites se fait sur mobile sur la plupart des sites. Un site qui oblige à zoomer perd ses visiteurs avant de dire ce qu'il fait.
  3. Le socle technique n'est plus maintenu. Un système de gestion de contenu abandonné, une version de langage sans correctifs de sécurité : la refonte devient une question de sécurité, pas d'esthétique.
  4. Le site ne dit plus ce que fait l'entreprise. L'offre a changé, la clientèle aussi, et le site parle d'autre chose.
  5. Le site ne reçoit aucune demande. À condition d'avoir vérifié qu'il reçoit des visites : un site sans visite n'a pas un problème de conversion, il a un problème de visibilité, et une refonte n'y changera rien.
  6. Le site est lent au point d'être abandonné. Ce point se mesure, il ne se ressent pas. Voir la page performance web.

Les raisons qui n'en sont pas

« Le site a cinq ans. » L'ancienneté n'est pas un défaut. Un site de 2020 qui charge vite, qui est à jour et qui reçoit des demandes n'a aucune raison d'être refait.

« Le design fait daté. » Cela peut être vrai, et cela ne justifie pas à soi seul un budget à cinq chiffres. Une reprise graphique légère sur une structure saine coûte trois à cinq fois moins qu'une refonte complète.

« Le concurrent en a fait un. » Ce n'est pas une raison, c'est une émotion.

« Il faut du référencement. » Refaire un site ne fait pas monter dans les résultats. Cela peut même faire baisser, si les redirections sont manquées. Le référencement se travaille sur un site, pas par un site neuf.

« Le nouveau directeur veut un nouveau site. » Cela arrive, c'est une réalité d'entreprise, mais autant le savoir : le projet sera jugé sur l'apparence et non sur le résultat.

Avant de commencer : l'inventaire

C'est l'étape qui distingue une refonte réussie d'une refonte coûteuse. Elle demande une demi-journée.

Sortir la liste complète des adresses du site actuel. Toutes, y compris les pages oubliées, les documents à télécharger et les anciennes actualités. Un outil d'exploration de site ou l'export du plan de site suffit.

Sortir les statistiques de fréquentation des douze derniers mois, page par page. On découvre presque toujours que des pages jugées inutiles reçoivent l'essentiel des visites, et que la page d'accueil n'est pas la porte d'entrée principale.

Sortir la liste des pages positionnées dans les résultats de recherche, avec leurs requêtes. C'est le capital acquis. C'est ce qu'une refonte peut détruire.

Lister les liens entrants venant d'autres sites. Ils pointent vers des adresses précises, qui doivent continuer de répondre.

Repérer les documents téléchargés : tarifs, catalogues, formulaires. Ils circulent par courriel et par messagerie, et leurs adresses sont diffusées hors du site.

De cet inventaire sortent trois listes : les pages à garder telles quelles, les pages à réécrire, les pages à supprimer. Et surtout, le plan de redirections.

Le plan de redirections

C'est le document qui évite la perte de trafic. Il tient dans un tableau à deux colonnes : ancienne adresse, nouvelle adresse.

Les règles :

  • Chaque ancienne adresse doit avoir une destination, la plus proche possible en contenu. Rediriger tout vers la page d'accueil est le pire scénario : c'est traité comme une page introuvable déguisée.
  • La redirection doit être permanente, c'est-à-dire un code de statut 301, pas une redirection temporaire.
  • Une adresse supprimée sans équivalent renvoie un code 410, ce qui est propre, plutôt qu'une redirection arbitraire.
  • Pas de chaînes de redirections. Une ancienne adresse doit pointer directement vers la nouvelle, pas vers une adresse qui redirige à son tour.
  • Les documents comptent. Un fichier PDF de tarifs dont l'adresse change doit être redirigé comme une page.
  • Le plan se teste avant la mise en ligne, puis se vérifie après, adresse par adresse, sur la liste complète.

Ce travail représente une demi-journée à deux jours selon la taille du site. Il doit figurer dans le devis. Quand il n'y figure pas, il ne sera pas fait.

Reprendre le contenu, ou le réécrire

La question se tranche page par page, pas globalement.

Reprendre tel quel convient aux pages qui reçoivent des visites, qui sont positionnées, et dont le contenu est exact. Y toucher fait courir un risque pour un gain nul.

Réécrire convient aux pages dont le contenu est faux, vieilli, ou trop court. Attention : une page positionnée qui est réécrite peut perdre sa position. Le risque est acceptable quand le contenu était mauvais, il ne l'est pas quand il était simplement démodé dans sa forme.

Supprimer convient aux pages sans visite, sans lien entrant et sans utilité. Toute suppression demande une décision explicite de redirection ou de code 410.

Un raccourci fréquent et coûteux : « on repartira de zéro sur les textes ». Cela signifie réécrire tout le site, donc un poste de rédaction complet, donc un budget doublé, et souvent un projet qui s'enlise faute de rédacteur désigné.

Le budget d'une refonte

Ordres de grandeur observés sur des devis en 2025 et 2026, hors contenu neuf.

Type de refonteOrdre de grandeur
Reprise graphique sur structure conservée1 500 à 5 000 €
Refonte technique avec reprise du contenu3 000 à 15 000 €
Refonte complète, structure et contenu8 000 à 30 000 €
Refonte d'un site e-commerce8 000 à 60 000 €
Plan de redirections seul, site de 100 pages400 à 1 500 €

Une refonte coûte souvent 60 à 80 % du prix d'un site neuf équivalent, et non la moitié comme on l'imagine. La reprise de l'existant, l'analyse et les redirections compensent largement l'économie faite sur la structure.

Le calendrier

ÉtapeDurée courante
Inventaire et analyse de l'existant1 à 2 semaines
Cadrage et arborescence cible1 à 3 semaines
Maquettes et validation2 à 4 semaines
Reprise et production du contenu3 à 10 semaines
Intégration2 à 6 semaines
Plan de redirections0,5 à 2 jours
Recette et mise en ligne1 à 2 semaines

Trois à cinq mois pour un site vitrine. La mise en ligne se fait de préférence en début de semaine et jamais avant un départ en congés : les problèmes apparaissent dans les quarante-huit heures.

Après la mise en ligne : les quinze jours qui comptent

Une refonte se surveille. Ce qu'il faut vérifier, dans l'ordre :

  • Jour 1 : toutes les redirections répondent, le formulaire envoie, le certificat est valide, le site est indexable et n'a pas conservé une instruction de blocage héritée de l'environnement de test. C'est l'erreur classique : le site de préproduction interdisait l'indexation, et l'interdiction est partie en production.
  • Jour 2 à 7 : les pages introuvables sont relevées dans les journaux du serveur ou dans l'outil de suivi. Chaque adresse en erreur signale une redirection oubliée.
  • Semaine 2 : l'ancien plan de site est remplacé, le nouveau est déclaré à l'outil de suivi des moteurs de recherche.
  • Semaines 3 à 8 : la fréquentation se compare à la même période de l'année précédente, pas au mois précédent. Une baisse de 10 à 20 % pendant quelques semaines est fréquente ; une baisse durable de plus de 30 % signale un problème de redirections.

Refondre par morceaux plutôt qu'en une fois

L'idée qu'une refonte est un événement unique vient d'une époque où un site était un objet livré. Elle coûte cher : elle concentre le budget, le risque et l'effort de contenu sur trois mois, tous les cinq ans.

Une autre organisation existe, et elle donne de meilleurs résultats sur un site vitrine.

Étape 1, le socle. On refait la structure technique et les gabarits, en conservant le contenu existant tel quel. Le site est plus rapide, modifiable, propre, et le trafic ne bouge pas puisque les adresses ne changent pas. Budget contenu : zéro.

Étape 2, les pages qui comptent. On réécrit les cinq à dix pages qui reçoivent des visites ou qui portent l'offre, une par mois. Chacune est un petit projet, mesurable isolément.

Étape 3, l'extension. On ajoute les pages qui manquent, au rythme de ce que l'entreprise peut réellement produire.

Les avantages sont concrets : la dépense s'étale, le risque se mesure page par page, et surtout le contenu se produit à un rythme soutenable au lieu d'être exigé en bloc au pire moment. L'inconvénient est réel aussi : il faut quelqu'un qui suive le sujet dans la durée, alors qu'une refonte en bloc a l'avantage de finir.

Cette approche suppose une condition : que le socle mis en place à l'étape 1 permette d'ajouter des gabarits sans tout revoir. C'est une question à poser au prestataire dès le cadrage, et c'est ce qui distingue une structure conçue pour durer d'un thème installé.

Ce qui rate

  • L'instruction d'interdiction d'indexation oubliée en production. Le trafic disparaît en une semaine.
  • Les redirections faites en masse vers la page d'accueil.
  • Le changement simultané du site, du nom de domaine et de l'hébergeur. Quand quelque chose casse, on ne sait pas quoi.
  • Les anciens documents PDF supprimés sans redirection, alors que leur adresse circulait par courriel.
  • La refonte lancée sans inventaire, où l'on découvre après coup que la page la plus visitée n'existe plus.
  • Le nouveau site plus lent que l'ancien, parce qu'il embarque un thème lourd et des animations.

Sources

  • Codes de statut HTTP et redirections : spécifications du protocole HTTP.
  • Bonnes pratiques de migration : documentation officielle de Google Search Central sur les changements d'adresse et les migrations de site.
  • Fourchettes de prix : ordres de grandeur observés sur des devis en 2025 et 2026, sans barème public de référence.

Dans le même cocon

On remonte à la page mère, puis on passe à la page sœur suivante. Aucun lien direct vers un autre cocon.

Questions fréquentes

Combien coûte une refonte de site internet ?

Sur les devis observés en 2025 et 2026 : de 1 500 à 5 000 € pour une reprise graphique sur structure conservée, de 3 000 à 15 000 € pour une refonte technique avec reprise du contenu, et de 8 000 à 30 000 € pour une refonte complète. Une refonte revient souvent à 60 à 80 % du prix d'un site neuf.

Une refonte fait-elle perdre son référencement ?

Elle le peut, et c'est presque toujours la faute d'un plan de redirections absent ou bâclé. Chaque ancienne adresse doit pointer, par une redirection permanente, vers la page la plus proche en contenu. Une baisse de quelques semaines est normale ; une baisse durable signale un problème technique.

Quand faut-il refaire son site ?

Quand il n'est plus modifiable en interne, quand il est inutilisable sur téléphone, quand son socle technique n'est plus maintenu, quand il ne décrit plus l'activité, ou quand il est trop lent. L'ancienneté et le style datés ne sont pas, à eux seuls, des raisons suffisantes.

Faut-il changer de nom de domaine lors d'une refonte ?

Non, sauf nécessité réelle. Un changement de nom de domaine ajoute un risque important à un projet qui en comporte déjà. S'il est indispensable, il se fait à un moment distinct de la refonte, pour pouvoir identifier l'origine d'un problème.

Combien de temps prend une refonte ?

Trois à cinq mois pour un site vitrine, de l'inventaire à la mise en ligne. Comme pour une création, le poste qui déborde est la production du contenu, pas le développement.