Pau · Tarbes · BéarnUn projet de communication ? Décrivez-le, on vous rappelle
Accueil / Création de site internet / Rédiger le cahier des charges de son site
Création de site internet

Rédiger le cahier des charges de son site

Un cahier des charges n'est pas un document technique. C'est le seul texte qui permette à trois prestataires de chiffrer la même chose, et à vous de comparer autre chose que des présentations commerciales.

Parlons de votre projet

Un rappel sous 24 h ouvrées. Sans engagement.

Étape 1 sur 2 — votre besoin

Étape 2 sur 2 — vous joindre

Par Aurélie Ducasteaux · mis à jour le 30 août 2026

À quoi il sert vraiment

J'ai longtemps cru qu'un cahier des charges servait à dire au prestataire ce qu'il devait faire. C'est faux, ou du moins ce n'est pas le principal.

Il sert à trois choses, dans cet ordre :

  1. Rendre trois devis comparables. Sans lui, chaque prestataire propose ce qu'il sait faire, et on compare des projets différents. C'est la première raison, et elle suffirait.
  2. Obliger l'entreprise à décider avant. La moitié des questions du cahier des charges n'a jamais été tranchée en interne. Les poser avant le lancement évite de les découvrir au milieu du projet, quand chaque changement coûte.
  3. Servir de référence en cas de désaccord. Ce qui est écrit est dû. Ce qui ne l'est pas se négocie.

Il n'a pas besoin d'être long. Deux à six pages suffisent pour un site vitrine. Un document de quarante pages sur un projet de 8 000 € fait fuir les bons prestataires et n'impressionne personne.

Les dix rubriques

1. Qui vous êtes, en dix lignes

Activité, ancienneté, taille, zone d'intervention, ce qui vous distingue concrètement. Pas de storytelling : des faits. Le prestataire en a besoin pour comprendre le ton et la structure.

2. Pourquoi vous refaites ou créez ce site

La question la plus importante et la plus souvent absente. Les réponses utiles sont précises : « nous ne pouvons plus modifier les tarifs nous-mêmes », « le site est illisible sur téléphone », « nous recevons deux demandes par mois et nous en voudrions dix », « nous n'apparaissons sur aucune recherche de notre métier ».

Les réponses inutiles : « le site est vieux », « il faut se moderniser », « les concurrents en ont un plus beau ».

3. À qui le site s'adresse

Deux ou trois profils, décrits par ce qu'ils cherchent et non par leur âge. Pour chacun : ce qu'ils veulent savoir, ce qui les bloque, et ce qu'ils feront ensuite. Un particulier qui cherche un devis et un donneur d'ordre qui vérifie une référence ne lisent pas les mêmes pages.

4. Ce que le site doit permettre de faire

La liste des actions attendues, classées par importance : demander un devis, télécharger une documentation, prendre rendez-vous, trouver un horaire, acheter, candidater. C'est cette liste qui décide de la structure, pas l'inverse.

5. L'arborescence

La liste des pages, hiérarchisée. Un tableau ou une liste à puces suffit. Précisez à chaque niveau le gabarit utilisé, c'est-à-dire le modèle de page. C'est la donnée qui structure le devis : le travail est dans le gabarit, pas dans le nombre de pages.

Exemple minimal pour une entreprise de services :

  • Accueil (gabarit A)
  • Prestations, page mère (gabarit B)
  • Six pages de prestation (gabarit C)
  • À propos (gabarit D)
  • Tarifs (gabarit D)
  • Contact (gabarit E)
  • Mentions légales, confidentialité (gabarit D)

Sept gabarits deviennent trois si l'on accepte que « à propos », « tarifs » et les pages légales partagent le même modèle.

6. Les fonctions particulières

Formulaire multi-étapes, prise de rendez-vous, espace client, connexion à un logiciel de gestion, moteur de recherche, calculateur, multilingue, paiement. Pour chacune : à quoi elle sert, et qui s'en servira.

Une fonction sans utilisateur identifié se supprime. Chacune coûte au développement et coûte encore plus en maintenance.

7. Qui fournit le contenu

La rubrique décisive, et celle qui manque neuf fois sur dix. Pour chaque type de contenu, une ligne : textes, photographies, logo en fichier vectoriel, documents à télécharger, traductions.

Écrivez qui le produit, pour quelle date, et ce qui existe déjà. Si personne dans l'entreprise ne peut y consacrer de temps, écrivez-le : le prestataire chiffrera la rédaction, ce qui est une bonne nouvelle et non une mauvaise.

8. Les contraintes

Identité visuelle existante et ses fichiers, hébergement imposé, outils déjà en place, obligations réglementaires liées au secteur, langues, accessibilité. Précisez si le site relève des obligations d'accessibilité issues de la réglementation applicable depuis le 28 juin 2025, question traitée dans la page accessibilité web.

9. Le budget et le planning

Oui, il faut donner un budget. L'idée que le cacher fera baisser les prix est fausse : elle produit des propositions hors sujet et fait perdre du temps à tout le monde. Donnez une fourchette, ou un plafond.

Pour le planning, donnez la date à laquelle le site doit être en ligne et la raison de cette date. « Avant le salon du 12 mars » se planifie ; « le plus vite possible » ne se planifie pas.

10. Ce que vous attendez de la proposition

Demandez explicitement : le détail en jours par poste, qui écrit les textes, le coût de la deuxième année tout compris, deux références consultables, et les réponses écrites aux questions de propriété.

Les trois clauses de propriété à écrire

Elles ne coûtent rien à écrire et évitent des situations très désagréables. Trois phrases suffisent.

  • Le nom de domaine est enregistré au nom de l'entreprise, qui en est titulaire et dispose des accès au compte du bureau d'enregistrement.
  • L'entreprise dispose des accès administrateur de l'hébergement et du site, et peut les utiliser à tout moment.
  • À la fin de la prestation ou à sa rupture, l'entreprise peut récupérer l'intégralité des fichiers et de la base de données, dans un format exploitable, sans frais.

Une quatrième phrase est utile quand du sur-mesure est développé : préciser les droits d'usage sur les développements spécifiques et sur les créations graphiques, ainsi que leur cession éventuelle. Sur ce point, un cabinet spécialisé en droit vaut mieux qu'un modèle trouvé en ligne.

Ce qu'il ne faut pas écrire

La technologie. Sauf contrainte réelle, ne pas imposer un système de gestion de contenu ni un langage. C'est le rôle du prestataire de proposer, et le vôtre d'exiger un résultat : un site que vous pouvez modifier, qui charge vite, et que vous pouvez emporter.

Le design. Ne pas décrire des couleurs et des dispositions. Décrivez plutôt ce que le site doit dégager et donnez trois exemples de sites que vous trouvez lisibles, en expliquant pourquoi. C'est infiniment plus utile qu'une consigne graphique.

Des exigences invérifiables. « Le site doit être moderne », « le site doit être ergonomique », « le site doit ressortir en première page ». La dernière est même à proscrire : Google écrit lui-même que personne ne peut garantir une position, et un prestataire qui l'accepte s'engage sur ce qu'il ne maîtrise pas.

Une liste de fonctions copiée ailleurs. Chaque fonction non utilisée est un coût de développement et un coût de maintenance à vie.

Comment le diffuser

Trois ou quatre prestataires suffisent. Au-delà, le temps de dépouillement dépasse le gain.

Donnez à tous la même date de retour et le même interlocuteur. Répondez aux questions par écrit, et transmettez les réponses à tous : une question posée par l'un profite aux autres, et cela révèle souvent un point mal écrit.

Prévoyez un échange oral de trente minutes avec chacun avant le chiffrage. Un prestataire qui pose des questions dérangeantes à ce moment-là est celui qu'il faut écouter le plus attentivement.

Le modèle en une page

Pour un site vitrine simple, ce squelette suffit :

  1. L'entreprise en dix lignes
  2. Pourquoi ce projet, en trois raisons mesurables
  3. Deux ou trois profils de visiteurs
  4. Les actions attendues, classées
  5. L'arborescence avec les gabarits
  6. Les fonctions particulières, avec leur usage
  7. Qui fournit quoi, avec les dates
  8. Les contraintes
  9. Le budget et la date de mise en ligne, avec sa raison
  10. Ce qu'on attend de la proposition

Écrit sérieusement, cela prend une demi-journée. C'est la demi-journée la mieux investie du projet.

Les critères de recette, à écrire avant

La recette est le moment où l'on vérifie que le site livré correspond à ce qui a été commandé. Sans critères écrits à l'avance, c'est une séance d'impressions, et celui qui parle le plus fort gagne.

Une liste de recette tient en douze points vérifiables, chacun par oui ou par non :

  1. Toutes les pages de l'arborescence existent et sont accessibles depuis la navigation.
  2. Chaque page porte un titre de page et une description propres, aucun n'est dupliqué.
  3. Le site s'affiche correctement sur un téléphone de 390 pixels de large, sans défilement horizontal.
  4. Le formulaire envoie réellement un message, testé depuis un appareil extérieur à l'entreprise.
  5. Le message reçu contient tous les champs remplis et une adresse de réponse valide.
  6. Les anciennes adresses redirigent vers les nouvelles, testées une par une sur une liste fournie.
  7. Le site répond en HTTPS, avec un certificat valide, et la version sans HTTPS redirige.
  8. Les mentions légales et la politique de confidentialité sont en ligne et accessibles depuis toutes les pages.
  9. Le bandeau de gestion des traceurs fonctionne, et refuser n'installe rien de non essentiel.
  10. Une page peut être modifiée par une personne de l'entreprise, sans assistance, après la formation.
  11. Une sauvegarde complète a été réalisée et peut être restaurée.
  12. Les accès administrateur, d'hébergement et de nom de domaine ont été remis par écrit.

Ces douze points se testent en deux heures. Ils suffisent à transformer une livraison en vérification. Ce qu'ils ne couvrent pas, volontairement : le goût, qui se sera exprimé au moment des maquettes, et le référencement, qui ne se constate pas le jour de la mise en ligne.

Un treizième point mérite d'être ajouté quand le projet le justifie : une mesure des temps de chargement sur la page d'accueil et sur une page intérieure, avec les seuils attendus écrits dans le cahier des charges. Le sujet est traité dans la page performance web.

Ce qui rate

  • Le cahier des charges écrit par le prestataire pressenti. Il est alors calé sur ce qu'il sait faire, et la mise en concurrence est vidée de son sens.
  • Le budget caché, qui produit trois propositions incomparables.
  • L'arborescence pensée comme un organigramme de l'entreprise. Le visiteur ne cherche pas vos services, il cherche une réponse.
  • La rubrique « contenu » absente, qui reporte la question au milieu du projet.
  • Le document validé par six personnes en interne, dont aucune ne s'est engagée à écrire une ligne.
  • Les critères de recette non écrits. Sans eux, la livraison est un moment d'appréciation, pas de vérification.

Sources

  • Garantie de position : Google Search Central, « personne ne peut garantir la première position dans les résultats de recherche Google », consulté le 30 août 2026.
  • Accessibilité des produits et services numériques : DGCCRF, directive Accessibilité applicable depuis le 28 juin 2025, consultée le 30 août 2026.
  • Données personnelles et mentions obligatoires : CNIL et service-public.fr.

Dans le même cocon

On remonte à la page mère, puis on passe à la page sœur suivante. Aucun lien direct vers un autre cocon.

Questions fréquentes

Faut-il un cahier des charges pour un petit site ?

Oui, mais court. Deux pages suffisent pour un site de six pages. Sans lui, les propositions reçues ne portent pas sur le même travail et la comparaison n'a pas de sens.

Faut-il indiquer son budget dans le cahier des charges ?

Oui, au moins une fourchette. Cacher le budget ne fait pas baisser les prix : cela produit des propositions hors sujet. Un budget annoncé permet au prestataire de dimensionner le projet plutôt que de deviner.

Qui doit écrire le cahier des charges ?

L'entreprise, avec l'aide éventuelle d'un tiers indépendant du projet. Un cahier des charges écrit par le prestataire pressenti supprime toute mise en concurrence réelle.

Faut-il imposer WordPress ou un autre système ?

Non, sauf contrainte réelle comme un outil déjà en place. Mieux vaut exiger des résultats : pouvoir modifier le site soi-même, obtenir un chargement rapide, et pouvoir récupérer l'ensemble pour l'installer ailleurs.

Quelle longueur pour un cahier des charges de site vitrine ?

Deux à six pages. Au-delà, le document décourage les bons prestataires sans améliorer la qualité des propositions. Ce qui compte est la précision des dix rubriques, pas le volume.