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Identité visuelle et marque

Les fichiers à exiger pour son logo

La moitié des dossiers qui arrivent chez moi contiennent un logo en image, à basse définition, récupéré sur un site. On ne peut rien en faire. Voici la liste de ce qu'il faut réclamer, une fois pour toutes.

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Par Laurent Doassans · mis à jour le 30 août 2026

Vectoriel et matriciel : la seule distinction qui compte

Une image matricielle, ou *bitmap*, est une grille de pixels. Elle a une taille fixe. Agrandie, elle devient floue ou crénelée. Les formats courants sont le JPEG, le PNG, le GIF et les formats compressés récents.

Une image vectorielle est une description mathématique de formes : des courbes, des points, des remplissages. Elle n'a pas de taille propre. Elle s'agrandit sans aucune perte, d'un centimètre à trois mètres.

Pour un logo, cette distinction décide de tout ce qui suit. Un logo doit exister en vectoriel. Sans cela :

  • il ne peut pas être agrandi sur une bâche, un panneau ou une façade ;
  • il ne peut pas être découpé en vinyle, parce que la découpeuse suit un contour, et un contour n'existe que dans un fichier vectoriel ;
  • il ne peut pas être gravé ni brodé ;
  • il ne peut pas être décliné en une couleur proprement.

C'est la première chose que je demande quand on m'envoie un dossier, et c'est celle qui manque le plus souvent.

Les formats, et à quoi chacun sert

FormatTypeÀ quoi il sertÀ demander ?
SVGVectorielLe web, l'échange, l'ouverture par n'importe quel logicielOui, indispensable
EPSVectorielL'impression, la découpe, les anciens flux de productionOui
PDF vectorielVectorielL'échange universel, l'impressionOui
AIVectoriel, natifLe fichier de travail du logiciel de créationOui, si possible
PNGMatricielLe web, les documents, avec fond transparentOui, en plusieurs tailles
JPEGMatricielRien, pour un logo : pas de transparenceNon
WebP, AVIFMatricielLe web, plus légerFacultatif
ICOMatricielL'icône de navigateurFacultatif
TIFFMatricielL'impression d'images, pas d'un logoNon
PSDMatriciel, natifUn logo ne devrait pas y vivreNon

Deux remarques de terrain.

Un PDF n'est pas forcément vectoriel. On peut placer une image dans un PDF. Le test : ouvrir le fichier et zoomer fortement. Si les contours restent nets, c'est vectoriel. S'ils deviennent flous, c'est une image dans une enveloppe.

Le SVG est le format le plus utile aujourd'hui. Il s'ouvre dans un navigateur, dans les logiciels de création, dans la plupart des outils de découpe. C'est celui que je réclame quand je n'ai rien d'autre.

La liste complète à exiger

À écrire dans le devis, au moment de la commande, pas à la livraison.

Les fichiers vectoriels, pour chaque déclinaison :

  • version principale ;
  • version horizontale ;
  • version verticale ;
  • version monochrome noir ;
  • version monochrome blanc, pour fond sombre ;
  • icône ou symbole seul, s'il en existe un.

Chacune en SVG, EPS et PDF. Le fichier natif du logiciel de création en plus, si le prestataire accepte de le fournir.

Les fichiers matriciels, avec fond transparent, en PNG :

  • une version large, au moins 2 000 pixels de côté, pour les usages imprévus ;
  • une version moyenne, autour de 1 000 pixels ;
  • une version petite, autour de 400 pixels ;
  • une icône carrée, pour les comptes en ligne.

Les informations qui accompagnent :

  • les références de couleur pour l'écran, la quadrichromie, un ton direct et une gamme de vinyle ;
  • le nom exact des polices employées, avec leur licence ;
  • la zone de protection ;
  • la taille minimale d'emploi, en millimètres et en pixels.

Le piège de la vectorisation automatique

Quand un client n'a que son logo en image, on peut le « vectoriser » automatiquement : un logiciel détecte les contours et les convertit en courbes.

Ce que ça donne, honnêtement :

Sur un logo simple, en aplats, à partir d'une image nette et de grande taille, le résultat peut être exploitable après nettoyage manuel. Cela reste une reconstruction, pas l'original.

Sur une image de petite taille, compressée, avec du texte fin, le résultat est mauvais : contours ondulés, angles arrondis, lettres déformées. À trois mètres sur une bâche, cela se voit immédiatement.

Sur un logo avec dégradé ou ombre portée, la vectorisation produit des dizaines de formes empilées, ingérables en découpe.

Le coût d'une redéfinition manuelle du logo par un graphiste, à partir de l'image existante, se situe entre 150 et 600 € sur les prix observés. C'est presque toujours moins cher que les conséquences d'un mauvais fichier, et cela se rentabilise à la première grande impression.

La nomenclature et le rangement

Ce point paraît secondaire et fait perdre un temps considérable.

Une convention de nommage qui fonctionne : nom de l'entreprise, version, couleur, format. Par exemple, en évitant les accents, les espaces et les majuscules dans les noms de fichier.

Ce qui compte davantage : où sont les fichiers, et qui y a accès. Un logo qui vit dans la boîte de courriel du dirigeant disparaît le jour où il change d'adresse. Un dossier partagé, avec une sous-arborescence claire, réglera ce problème pour dix ans.

Une pratique utile : garder une archive complète, datée, à chaque évolution de l'identité. Le jour où il faut réimprimer un support à l'ancienne charte pour une raison quelconque, elle sert.

Ce que je reçois, et ce que ça donne

Un tableau de ce qui arrive dans les dossiers, et de ce que j'en fais.

Ce qu'on m'envoieCe que je peux en faire
SVG ou EPS propreTout, sans discussion
PDF vectorielTout
PNG à 2 000 pixelsImpression jusqu'à environ 50 cm, pas de découpe
PNG à 300 pixelsUne carte de visite, à la rigueur
JPEG récupéré sur le siteRien d'exploitable
Capture d'écranRien
Logo dans un document de bureautiqueRien, sauf à l'extraire, et c'est une image

La dernière ligne mérite un mot, parce que c'est le cas le plus fréquent. Un logo inséré dans un document de traitement de texte n'est pas un fichier de logo : c'est une copie basse définition, souvent recompressée. On ne peut pas remonter à l'original à partir de là.

Le format du fichier selon l'usage

Un tableau pour savoir quoi envoyer à qui, sans se poser la question à chaque fois.

DestinataireCe qu'il faut envoyer
Imprimeur, petits imprimésFichier vectoriel EPS ou PDF, avec les références quadrichromie
Imprimeur, grand formatFichier vectoriel, et la couleur en référence de ton direct si elle est critique
Poseur d'enseigne ou de coveringFichier vectoriel, polices vectorisées, plus la référence de vinyle souhaitée
BrodeurFichier vectoriel, et le nombre de couleurs accepté ; un fichier de broderie sera créé à partir de là
GraveurFichier vectoriel, en tracés simples, sans dégradé
Développeur webSVG optimisé, plus des PNG en trois tailles et une icône carrée
Journaliste, partenaire, annuairePNG à fond transparent en 1 000 pixels, plus un PDF vectoriel
Fabricant d'objets publicitairesFichier vectoriel et version monochrome

Deux précisions qui évitent des allers-retours.

Les polices doivent être vectorisées dans le fichier envoyé à un tiers. Sinon, le destinataire ouvre le fichier sans la police, un caractère de remplacement s'installe, et le logo change de forme sans que personne le remarque avant la production.

La version monochrome est presque toujours demandée au moins une fois par an : gravure, broderie, tampon, document photocopié, partenaire qui imprime en une couleur. La préparer à la livraison coûte quelques minutes ; la faire fabriquer dans l'urgence coûte une journée et donne souvent un résultat approximatif.

Ce qui rate

  • Le logo livré uniquement en PNG, ce qui bloque toute découpe et tout grand format.
  • Le PDF qui contient une image et non des courbes.
  • L'absence de version monochrome, découverte le jour d'une gravure ou d'une broderie.
  • L'absence de version blanche pour fond sombre, remplacée par un rectangle blanc autour du logo.
  • Les polices non vectorisées dans le fichier vectoriel, ce qui produit une substitution à l'ouverture.
  • Les fichiers stockés uniquement chez le prestataire, irrécupérables quand il cesse son activité.
  • Le fichier nommé « logo-final-v3-vraiment-final.svg », dont personne ne sait s'il est le bon.

Organiser sa bibliothèque de marque

Une fois les fichiers récupérés, encore faut-il qu'on les retrouve dans cinq ans. Une organisation simple, qui tient dans un dossier partagé.

Une arborescence à quatre niveaux suffit :

  • 01-logo : les fichiers vectoriels et les exports, rangés par déclinaison.
  • 02-couleurs-typo : un document d'une page avec les références de couleur pour tous les supports, et les fichiers de police avec leur facture ou leur licence.
  • 03-modeles : papeterie, présentation, devis, signature de courriel.
  • 04-photos : les photographies de l'entreprise, avec leurs droits.
  • 05-archives : les versions antérieures de l'identité, datées.

Trois règles de tenue, qui évitent le désordre habituel :

Une seule version fait foi. Le fichier « logo-2026.svg » et non « logo-final-v3-ok.svg ». Les versions intermédiaires vont dans les archives ou disparaissent.

Chaque fichier de police est accompagné de sa preuve d'achat. Elle permet de répondre en trente secondes si la question de la licence se pose, et elle manque toujours.

Les droits des photographies sont écrits. Qui a photographié, quand, ce qui est cédé, et si les personnes visibles ont donné leur autorisation. Une photographie d'équipe utilisée trois ans après le départ des personnes qu'elle montre pose un problème que l'on n'anticipe jamais.

Le dossier se partage avec au moins deux personnes de l'entreprise, et une sauvegarde existe ailleurs. Une identité visuelle qui ne survit pas au changement d'ordinateur du dirigeant n'existe pas vraiment.

Sources

  • Caractéristiques des formats de fichier : spécifications publiques des formats SVG, PDF, PNG et EPS.
  • Contraintes des flux de découpe et de gravure : documentation technique des fabricants de machines.
  • Fourchettes de prix : ordres de grandeur observés sur des devis en 2025 et 2026.

Dans le même cocon

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Questions fréquentes

Quels fichiers faut-il demander pour un logo ?

Les versions vectorielles en SVG, EPS et PDF pour chaque déclinaison (principale, horizontale, verticale, monochrome noir, monochrome blanc, icône), plus des exports PNG à fond transparent en trois tailles, et les informations qui les accompagnent : références de couleur pour tous les supports, polices et licences, zone de protection, taille minimale.

Quelle différence entre un logo vectoriel et un logo en image ?

Un fichier vectoriel décrit des formes mathématiquement : il s'agrandit sans aucune perte et peut être découpé, gravé ou brodé. Une image est une grille de pixels, de taille fixe, qui devient floue à l'agrandissement. Un logo doit exister en vectoriel.

Le format SVG suffit-il ?

Il couvre l'essentiel des usages actuels : le web, l'échange, l'ouverture par la plupart des logiciels et des découpeuses. Il reste utile de disposer aussi d'un EPS et d'un PDF vectoriel, que certains flux de production d'imprimerie préfèrent.

Peut-on vectoriser un logo à partir d'une image ?

Techniquement oui, mais le résultat dépend entièrement de la qualité de l'image de départ. Sur une image nette, en aplats et de grande taille, la conversion automatique peut être exploitable après nettoyage. Sur une petite image compressée, le résultat est mauvais et se voit en grand format. Une redéfinition manuelle coûte de 150 à 600 €.

Que faire si je n'ai plus les fichiers de mon logo ?

Demander d'abord au prestataire d'origine, puis aux imprimeurs et poseurs qui ont travaillé pour vous : ils conservent souvent les fichiers de production. En dernier recours, faire redéfinir le logo manuellement à partir du meilleur exemplaire disponible, et en profiter pour constituer une archive complète et datée.